Rois et Reines

Le cycle rois et reines

Eléments sur la création collective

Le pouvoir d’aimer et de haïr, la destruction, la peur et la mort: Shakespeare a érigé ses oeuvres dans les méandres de l’enfer humain. Peu de dramaturges ont su passer à la postérité et rares sont ceux comme Shakespeare à nous donner encore aujourd’hui le frisson en voyant le Roi Lear dans son délire,  Macbeth dans sa folie meurtrière, le règne du fourbe infirme, cruel Richard III, avec sa série de meurtres des Gloucester, Richard, qui a fait la cour à celle qu’il a rendue veuve, et gagne sa main, sinon son coeur. Lear, Othello, Hamlet, Ophélie suicidaire et même le royaume de féerie du Songe ne sont pas épargnés par la jalousie, la haine et la folie.
Jeux de pouvoir, jeux d’amour, jeux de folie.

Eléments dramaturgiques pour la création

A la porte de l’enfer, une étrange table se dresse. Tout autour, il y a les rois et les reines qui  peuplent l’univers hanté de W. Shakespeare. Tous se retrouvent pour un dernier combat. De trahison en trahison, de haine en haine, avec folie furieuse et meurtrière, leur affront est sanglant, terrifiant, pathétique. Macbeth hanté par le spectre de Banco; Richard III par tous ses fantômes; Lear le fou, Lear le sage tente d’imposer sa loi; Oberon et Titania refont le monde des humains au gré de leur envie jalouse; le père d’Hamlet, l’oreille brûlée par le poison cherche vengeance; et tous ces César, Brutus, sorcières et fous, tous sont invités au festin.

Tels les anciens dieux germaniques, leur crépuscule sera long, leur chute profonde. Mais tous ces êtres vils et haineux font partie d’un grand destin, celui de notre humanité profonde. Derrière les portes de l’enfer se cache peut-être le paradis, et aussi détestables que soient les convives, ils ont leur place sur l’échiquier de l’humanité.

Il  reste un contre pouvoir, celui de la lucidité des bouffons et des fous, du rêve de Cordélia, de Roméo et Juliette, la magie de Prospéro , celle du Songe.

La force et l’actualité de Shakespeare résistent là où violence , haine et destruction rencontrent un songe, une vision, pour s’effacer finalement derrière ce  que l’on appelle le mystère de la vie. L’incroyable masse d’images d’accidents, de guerres et de catastrophes que nous avons tous engrangée nous déforme chaque jours un peu plus. A partir de Shakespeare, nous nous interrogeons sur notre propre aptitude à nous émouvoir encore

Nous sommes tous de l’ etoffe des songes …