prochaine création: La Reine en Exil - je t’adore de Jean-Paul Chabrier

Seul en Scène avec Sylvie Pellegry

Mise en scène: Günther Leschnik

« La représentation d’Ich bete dich an (« Je t’adore ») entrouvre le vasistas sur une vie rêvée de Pina Bausch. La comédienne en scène devant nous est donc Philippine Bausch, et elle ne l’est pas. Il n’y a rien là qui soit autobiographique, et, à la vérité, rien non plus qui ne le soit pas – la comédienne serait plutôt dans l’évocation d’une sensibilité à fleur de mystère, d’un incessant questionnement artistique. Pina Bausch est morte soudainement, le 30 juin 2009, d’un cancer généralisé dont elle ignorait être atteinte. Elle part en pleine lumière, en pleines répétitions – elle en finissait avec Urauffürung, la création que lui avait inspirée sa dernière résidence au Chili. La comédienne d’Ich bete dich an est dans l’instant de ce brutal départ, et, au-delà, dans son irréparable vide. J’ai bien regardé certaines photographies de la chorégraphe, et j’ai vu partout, sur tous ces noirs et blancs (Pina est pour moi une dame en noir et blanc, qui n’aime la couleur que sur une scène de théâtre), la même soucieuse et extrême douceur dans son regard, avec, dans le fond, très loin mais très présente, une ironie amusée, et un détachement nourri de compassives ombres lumineuses. À la Renaissance, le « tombeau » est une pratique littéraire qui se donne pour objet de recueillir moult célébrations poétiques en hommage à un important personnage disparu. Pour être plus modeste, celui que je propose aujourd’hui n’en parle pas moins d’enfances, d’éclats de vie, et d’incertitudes, quand créer devient la seule façon d’être au monde, cette terrible invention de nos sens. »

Jean-Paul Chabrier

Comments are closed.